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Panjat Pinang, une tradition controversée

Publié le 16/08/2016
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Panjat Pinang, une tradition controversée
Panjat Pinang est l’une des plus anciennes et populaires traditions d’Indonésie et une façon très originale de célébrer la fête de l’indépendance de l’Indonésie. Chaque année, dans les villes et villages du pays, on coupe le tronc de quelques grands arbres (jusqu’à 10 mètres), on les ponce puis les lubrifie très généreusement. Ensuite, on accroche des lots par valeur croissante à différents niveaux et on invite les jeunes gens à escalader les poteaux pour décrocher leur prix !

Les poteaux sont vraiment élevés et très glissants, un grimpeur seul n’a pratiquement aucune chance d’atteindre le sommet par sa seule force. En général, les concurrents préfèrent s’associer et travailler ensemble pour partager au final les récompenses, s’ils réussissent. Habituellement, les prix sont des aliments (fromage, sucre, farine…), du matériel domestique (balais, paniers à linge…) ou encore des vêtements, surtout dans les villages pauvres, tels qu’à Sumatra. Ça n’a l’air de rien pour nous mais pour Indonésiens pauvres, ce sont des articles de luxe. Des villes plus riches proposeront de plus « belles » dotations comme des TV à écran plat, de l’argent, des voitures ou motos (on accroche alors les certificats de propriété).

Ce sont les colons hollandais qui ont importé ce « jeu », un vrai divertissement pour eux à l’époque de voir ces « indigènes » escalader des poteaux, s’amuser un peu aux dépens de la population locale… mais aujourd’hui, cela fait pleinement partie de la culture indonésienne, chaque fois qu’un événement important a eu lieu (ex : fête nationale, mariage), on installe un poteau de Panjat Pinang. Il y a néanmoins une certaine controverse car si la plupart des indonésiens croient qu’il s’agit d’un défi éducatif qui apprend à travailler dur et ensemble pour atteindre des objectifs, d’autres pensent que Panjat Pinang est une tradition dégradante qui envoie le mauvais message à la jeunesse indonésienne. La question de l’environnement est aussi pointée du doigts car un nombre important de noyers sont abattus pour une célébration totalement hédoniste.