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Tana Toraja

Publié le 18/09/2014
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Tana Toraja
Encore peu nombreux sont les touristiques qui s’aventurent sur ces terres sacrées et préservées de Sulawesi, situées pourtant a à peine 2 heures d’avion de Bali. On y trouve pourtant une culture très singulière, celle des Torajas.

Toraja signifie «peuple d’en haut ». Les Torajas vivent en effet dans les hautes terres du sud de Sulawesi. Le paysage verdoyant, les montagnes à perte de vue et cette culture unique vous feront vite oublier les 8 longues heures de route entre Macassar et Rantepao. Environ 450 000 personnes vivent encore dans le pays Toraja. Autrefois, ce peuple pratiquait l’animisme et vivait préservé du monde extérieur. Cette croyance est aujourd’hui reconnue par le gouvernement indonésien comme « Aluk to Dolo » (La voie des Ancêtres). Au début du XXème siècle, les néerlandais ont converti les Torajas au christianisme. C’est aujourd’hui la religion majoritaire de la région avec l’Islam, arrivée bien avant avec le développement du commerce maritime.

En arrivant en terres Torajas, vous remarquerez de suite la majesté des « Tongkonan », ces maisons traditionnelles qui rappellent la forme des cornes de buffles. Selon d’autres, la forme particulière de ces habitations représenterait un bateau, moyen par lequel seraient arrivés les ancêtres des Torajas sur l’île de Sulawesi La décoration des façades des maisons a une forte valeur symbolique : chaque motif et chaque couleur a sa signification. Vous remarquez aussi les cornes de buffles accrochées au pilier avant des maisons, elles représentent les buffles sacrifiés lors des funérailles, plus il y en a plus la famille est riche et respectée.

La cérémonie funéraire


Les Torajas sont reconnus pour leurs cultures de la mort aussi unique que mystérieuse. On y vit pour mourir. La cérémonie est un moment festif où l’on réunit tous les habitants du village et où l’on démontre la richesse du défunt en nombre de buffles sacrifiés.

Les cérémonies se déroulent généralement durant la saison sèche, et plusieurs années après le décès. Il faut que la famille réunissent les fonds nécessaires et construisent les maisons temporaires qui accueilleront les 200 à 300 invités durant les 3 à 6 jours de cérémonie. Le défunt est pendant cette période considéré comme malade, « masaki » en langue Toraja, et est conversé à l’aide d’injections de formol dans la maison familiale.

Le jour des funérailles, chaque invité apporte un cadeau à la famille du défunt, le plus souvent un porc ou un buffle. En tant qu’étranger, il est recommandé de vous présenter à la famille et leur offrir également un petit présent. Une cartouche de cigarettes sera fortement appréciée. Dans la tradition Toraja le présent dépend du rang de l’invité et de sa proximité avec le défunt. Le buffle albinos est l’emblème de la tribu, il est rare et cher (jusqu’à 8000 US$), offrir et sacrifier cet animal est donc signe d’une très grande richesse. Chaque offrande est enregistrée par un officiel, il faudra ensuite que la famille du défunt rendre la pareil lors des funérailles de l’invité.

Après avoir dégusté les plats traditionnels et le thé, les animaux (plus d’une centaine parfois) sont amenés au centre du village temporaire et sacrifiés les uns après les autres. Les animaux sacrifiés sont sensés accompagner le défunt dans son autre vie .Ames sensibles s’abstenir ! La scène tourne vite à la boucherie surtout quand les buffles, la gorge tranchée, tentent de lutter contre la mort. Les animaux sont ensuite dépecés et grillés, puis la viande sera partagée avec les invités.

Une fois les quelques jours de festivité terminés, le mort n’est pas enterré mais placé avec son cercueil et ces biens personnels dans des caves creusées à même la falaise. Selon la croyance, plus le défunt est placé haut, plus vite il montera au royaume des morts. La place la plus haute étant la plus chère, elle est souvent réservée aux familles nobles. Vous pourrez également observer les « Tau Tau », ces statues remarquablement sculptées à l’effigie des défunts elles aussi nichées sur les falaises. Cependant, de plus en plus de familles préfèrent conserver les « Tau Tau » chez eux afin d’éviter les vols. Les bébés, avant d’avoir leur première dent, sont quant à eux placés dans des arbres sacrés. Ils pourront ainsi continuer à grandir et monter au royaume des morts.